Florent Ibenge : ‘‘Globalement, nous n’avons pas volé notre place’’

Florent Ibenge : ‘‘Globalement, nous n’avons pas volé notre place’’
Le patron du staff technique des Léopards est revenu sur les éliminatoires, et il a saisi la balle au bond en vue de décrypter toute la campagne des éliminatoires

La Confédération africaine de football (CAF) procèdera vendredi 12 avril au tirage sort de la phase finale de la CAN-Egypte 2019. C’est à l’issue de cette cérémonie que tous les 24 pays qualifiés seront fixés sur leurs adversaires. Bien avant cela, votre rédaction a eu une entrevue avec le sélectionneur national Florent Ibenge Ikwange. Le patron du staff technique des Léopards est revenu sur les éliminatoires, et il a saisi la balle au bond en vue de décrypter toute la campagne des éliminatoires.

 

Ufcongo.org : La RDC sera parmi les 24 équipes qualifiées pour la phase finale de la CAN-Egypte 2019. On peut dire que c’est un pari gagné pour Florent Ibenge ?

 

 

Florent Ibenge : Ah oui ! Ce n’est jamais simple. Vous savez, vous êtes à 4 à la ligne de départ. C’est le plus important, c’est d’être parmi les deux premiers qui se qualifient. Quand vous atteignez votre objectif, vous êtes content. Mais, maintenant, il faut analyser comment ça s’est fait. Il faut retenir que nous n’avons pas perdu à l’extérieur, même si, nous n’avons pas gagné. Ce sont de très bons résultats. Moi, je le dis à tort, de petites équipes, il n’y en a plus. Et faire 3 matchs nuls à l’extérieur, ce sont de très bons résultats. Malheureusement, on a trébuché une fois à domicile, ce qui nous a justement amené à trembler un peu. Si nous analysons ce match où nous n’avons pas été bien. Malgré tout, sur le jeu, nous avons été bien, nous avons 80% de possession de ballon. C’est quelque chose d’exceptionnel. De ce côté, nous avons été exceptionnel, mais nous n’avons pas été efficace.

 

 

C’est un manque de réalisme ?

 

 


Oui, surtout, nous avons été trahis par une erreur individuelle face à cette équipe du Zimbabwe. Je crois que c’est une équipe qui va faire parler d’elle. Nous l’avons vue une fois lors de la phase finale de la CAN au Gabon (Nldr : 2017), elle était très bonne. J’espère qu’elle est montée en puissance. Nous avons été capables de la dominer à 80%, mais d’une erreur individuelle de notre jeune gardien, qui découvrira un petit peu cette compétition, nous a été préjudiciable.

 

 

Depuis l’avènement de Florent Ibenge à la tête du staff technique des Léopards, la RDC ne rate plus la CAN. Est-ce que c’est trop facile ou vous avez trouvé quelque chose qui manquait pour se qualifier facilement ?

 

 


Non ce n’est pas simple du tout. Dira ça, ce sera mentir. La première fois, la RDC a été qualifiée miraculeusement. Ensuite, la seconde, la RDC a été très qualifiée parmi les meilleurs. Et puis cette fois-ci, nous nous sommes mis en difficulté à domicile. Mais si on regarde globalement, la RDC a gagné 2 matchs à la maison, 3 matchs nuls et une défaite (Ndlr : au stade des Martyrs de la pentecôte). Globalement, nous n’avons pas volé notre place. Cette fois-ci, c’est un parcours qui a été un petit peu chaotique, parce que nous avons connu quelques problèmes sur le plan interne, qui ont fait que nous avons manqué une grande sérénité pendant toute la campagne. Ce qui explique qui a des matches qu’on pouvait gagner facilement, mais qu’on n’a pas pu.

 

 

A l’époque, la RDC n’avait-t-elle pas de bons joueurs comme à l’heure actuelle ?

 

 

Je pense que la génération d’avant était meilleure que celle de maintenant. Quand je dis ça, les gens pensent que ce n’est pas vrai. On oublie vite ! Je tiens juste à rappeler la génération d’avant, celle de Santos était exceptionnelle, avec des joueurs qui jouaient au plus haut niveau, et qui étaient parmi les meilleurs de leur équipe. Quand vous prenez Santos Muntubile, il était parmi les meilleurs de son équipe, que ça soit à Saarbrücken FC (en Allemagne), soit à Valencienne ou à Sochaux. Il était une perle rare. Vous prenez Eugène Kabongo, c’était le buteur exceptionnel en championnat de France, surtout au Matra Racing (France). Vous prenez Jacky Kingambo. Lui, je pense qu’on devrait lui mettre un monument à Saint Trond FC (Belgique). Quand vous prenez Kongolo Emedo, il était titulaire à FC Porto au Portugal. Vous prenez Buana Ngalula, Basaula, Philippe Ndinga Mbote, Gaston Mobati, Kalao… ils étaient exceptionnels. C’était une génération exceptionnelle de joueurs, il y avait du talent. Mais, on ne les cite pas assez. C’était peut-être la plus belle génération. Malheureusement, cette équipe n’a pas fait grand-chose, et elle n’est pas allée loin. Pourquoi, peut-être que les choses en interne ne se sont pas bien passées, puisqu’elle avait tout pour nous ramener la Coupe d’Afrique. Ensuite, il y a la génération qui a précédé mon arrivée. Issampa Mpeko, qui est encore, qui montre une longévité exceptionnelle, mais qui était encore meilleur avant. Robert Kidiaba, qui n’a pas été pas remplacé, même si Ley Matampi fait des matchs extraordinaires. Dans la charnière centrale, vous aviez 3 joueurs au-dessus du lot, avec un Gabriel Zakwani terrible, avec un joueur de classe mondiale, Cédric Mongongu, avec un Joël Kimwaki. A gauche, vous aviez Jean Kasusula, Hérita Ilunga. Au milieu du terrain, vous aviez Youssouf Mulumbu, qui était capable d’être élu meilleur joueur du mois dans le plus grand championnat du monde (Premier League). Au même moment, vous aviez Cédric Makiadi, qui était élu meilleur joueur de Bundesliga. A suivre.

 

 

Olivier Sefu (Ufc)
Kinshasa, le 10 avril 2019

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